The Beauty Report

Les 10 commandements de Johanna Senyk pour réussir dans la Mode

A la manière d’Helena Rubinstein et de sa réussite fulgurante, ces femmes inspirantes écrivent l’époque. Rencontre avec Johanna Senyk, créatrice de Wanda Nylon.

 

SAVOIR QUI ON EST POUR SAVOIR À QUI PARLER
Commencer avec un monoproduit a permis d’identifier tout de suite Wanda Nylon comme une marque de vêtements de pluie en latex. Or, les femmes qui portent ce genre de pièces brillantes et qui font du bruit ne sont pas n’importe lesquelles. La femme Wanda Nylon est indépendante, déterminée, droite dans ses bottes. Wanda Nylon, c’est un power dressing.

TROUVER UN NOM QUI NOUS RESSEMBLE
Il aurait été impossible de m’appeler « Maison Johanna », ç’aurait été beaucoup trop sage au vu des pièces que je conçois. Je voulais quelque chose qui rebondisse. Je me suis inspirée des noms des danseuses du Crazy Horse et j’ai opté pour un nom en deux parties : Wanda en écho à mes origines polonaises et Nylon pour un côté technique, contemporain et moderne.

ÊTRE IDENTIFIABLE POUR SE FAIRE REPÉRER
Il faut une proposition stylistique forte et personnelle. Ce qui fait le job, c’est la manière dont tu travailles, dont tu t’exprimes et ce que tu as à raconter. J’ai eu la chance que mes vêtements de pluie powerful et sexy correspondent à une place inoccupée sur le marché. Des filles ont tout de suite eu envie de les porter, Rihanna s’est acheté du Wanda Nylon chez Opening Ceremony, comme Snoop Dog ou Beyoncé.

SE LAISSER DU TEMPS
Le rythme de six collections par an est un cauchemar. Ҫa veut dire deux mois pour concevoir et produire à chaque fois. J’ai décidé de me limiter à deux collections annuelles, et je n’en ferai pas plus, pour pouvoir approfondir les choses. Et aujourd’hui, ça paye.

TOUT PEUT ÊTRE INSPIRANT
Globalement, je ne suis pas stressée par la créativité : j’ai tellement de choses en tête, tellement d’envies que j’aimerais développer, que j’ai bien de quoi faire quinze collections ! Je n’ai pas le temps d’aller voir des expos ou des films. En revanche, je me concentre sur ce qui m’intéresse et je fais des recherches poussées. Pour un projet avec Vogue et le musée Galliera, je suis allée voir les pierres des ateliers Swarovski. Ҫa m’a interrogé sur le travail de la coupe ou de l’iridescence par exemple…

NE PAS FAIRE DE COMPROMIS CRÉATIF
A chaque fois que j’ai essayé de me taire ou de faire semblant, ça s’est su tout de suite. Dès que j’ai nié ma personnalité pour faire des choses un peu trop lisses, ça n’a pas fonctionné. Il faut se faire à l’idée qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Aujourd’hui, je n’écoute plus les autres et je ne lis même pas les choses qu’on écrit sur nous.

DÉFILER DEMANDE DE L’INVESTISSEMENT (mais pas celui qu’on croit)
On réussit un défilé avec de la passion. Si vous n’avez pas un vrai coup de foudre pour la musique, la mise en scène et les filles qui vont incarner votre saison, mieux vaut shooter un lookbook. J’adore le show : n’oublions pas que je m’appelle « Senyk » ! Je n’ai pas encore pu développer davantage la scénographie et je n’ai pas encore la possibilité financière de m’éclater avec la lumière mais ça me permet d’explorer quelque chose de plus minimal, radical et frais.

AIMER LES FEMMES
C’est au vêtement de s’adapter à la femme et pas le contraire. Moi, j’adore les filles, j’aime quand elles sont jolies. Je choisis mes mannequins dans mon entourage, parmi mes copines. La beauté réside dans la personnalité, pas forcément dans des traits physiques. Je reprends les mêmes d’une saison sur l’autre. Je ne peux pas imaginer qu’une fille me plaise une saison, et puis plus du tout la suivante, juste parce qu’elle a repris deux fois de la dinde à Noël !

AIMER LES FEMMES BIS
Les vêtements doivent leur donner du pouvoir. Au moment des essayages, il m’est arrivé de voir des filles avec de très fortes personnalités débarquer, démentes dans leurs propres fringues et beaucoup moins bien dans les miennes. Là, il faut se questionner. Je pense notamment à Tamy Glauser : cette fille, si tu la mets dans une petite robe, elle peut très vite faire déguisée. Il y a quelque chose de l’ordre du respect, il faut savoir ce que tu attribues à qui pour que les filles soient bien.

NE PAS VOULOIR ÊTRE À LA MODE
C’est la seule façon de durer selon moi. J’ai l’impression qu’on ne peut pas être branché pendant plus de cinq ans. C’est très dur car, si tu restes intègre, tu es censée continuer à faire ce que tu aimes pendant 30 ans. Mais, d’un autre côté, tant mieux si les gens ont besoin d’absorber de la nouveauté et de nouvelles propositions en permanence. L’inverse serait déprimant.

 

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